Aura'ctuelles
 


28.03.2007 - Un ouvrage posthume de Pierre Moinot

NUIT D'HIVER


"Je suis un vieil homme... Je rends grâce à tous mes compagnons, les chevreuils, le platane, les chênes, les rosiers, l'herbe, l'humus de m'avoir entouré et porté jusqu'à ce moment".
Cette reconnaissance pathétique en forme d'adieu est exprimée par l'académicien Pierre Moinot dans son dernier ouvrage posthume qui paraîtra demain aux éditions Gallimard : "La Saint Jean d'été".
Une Saint Jean au goût de cendre qui marque en réalité ce que l'auteur décrit comme "le lent basculement de la nuit d'automne vers la nuit d'hiver, vers la mort". Elle prouve une utime fois, s'il le fallait, l'attachement quasi spirituel de l'écrivain à la nature, aux grands arbres dans lesquels il se fondait et qui lui offraient l'éternité. Pour Pierre Moinot, "l'homme en forêt n'avance pas qu'à travers les arbres, il avance en lui-même"*.

*Extrait de "La chasse royale", Prix du roman de l'Académie française 1954