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NUIT D'HIVER
"Je suis un vieil homme... Je rends grâce à tous mes
compagnons, les chevreuils, le platane, les chênes, les rosiers,
l'herbe, l'humus de m'avoir entouré et porté jusqu'à
ce moment".
Cette reconnaissance pathétique en forme d'adieu est exprimée
par l'académicien Pierre Moinot dans son dernier ouvrage posthume
qui paraîtra demain aux éditions Gallimard : "La Saint
Jean d'été".
Une Saint Jean au goût de cendre qui marque en réalité
ce que l'auteur décrit comme "le lent basculement de la nuit
d'automne vers la nuit d'hiver, vers la mort". Elle prouve une utime
fois, s'il le fallait, l'attachement quasi spirituel de l'écrivain
à la nature, aux grands arbres dans lesquels il se fondait et qui
lui offraient l'éternité. Pour Pierre Moinot, "l'homme
en forêt n'avance pas qu'à travers les arbres, il avance
en lui-même"*.
*Extrait de "La chasse royale", Prix du roman de l'Académie
française 1954
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